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Musique & Divertissement  La chanson populaire canadienne-française (2ème partie)
12/08/201714:00 Roch Archambault
Dans ma publication précédente, je partais à la découverte de la musique canadienne- française. J’ai dressé un portrait de l’histoire musicale des années 1920 jusqu’aux années 1950. Je poursuis maintenant avec les années 60.
 
Avec l’avènement de la télévision et ses émissions de variétés ainsi que l’arrivée des 45 tours dans les années 50 au Québec, l’industrie musicale commence à véritablement prendre son élan. Alors qu’au Sud, c’est la fièvre du rock n’ roll avec Elvis Presley, la musique canadienne- française à la veille des années 60 est représentée par des vedettes comme Michel Louvain et Fernand Gignac.
 
Les années 60 : l’arrivée du rock n’ roll
 
Comme aux États-Unis, les producteurs québécois ont tenté de viser le marché des adolescents. En 1962, Pierre Lalonde anime l’émission de télévision Jeunesse d’aujourd’hui qui deviendra un peu le moteur de l’industrie musicale pendant plusieurs années. À cette époque, de nouveaux artistes entrent en scène tels que Donald Lautrec, Michèle Richard, Claude Valade, Chantal Pary et Ginette Reno. À la même période, un nouveau style emprunté au rock n’ roll fait son apparition en France : le yé-yé. Au Québec, Jenny Rock est la principale protagoniste de ce mouvement.
 
Pour certains, Ginette Reno est considérée comme la plus grande chanteuse québécoise à ce jour. Ginette Reno aura eu une influence sur toutes les chanteuses après elle, y compris Céline Dion qui, depuis quelques décennies, règne en reine de la musique populaire. La carrière de Reno s’étend jusqu’à aujourd’hui. D’ailleurs, elle remonte souvent sur scène, à la joie de tous. À mon avis, son plus grand succès demeure son album de 1979 intitulé Je ne suis qu’une chanson.
 
 
En Angleterre, les Beatles font fureur. Pour tenter de cibler le même marché au Québec, Les Classels débute en 1964. Tout en blanc avec un son de guitare électrique, le nouveau groupe fait du rock n’ roll mais sans l’audace des formations britanniques. Dans le même créneau, d’autres groupes percent le marché comme les Sultans, les Gants Blanc et Les Baronets, incluant un certain René Angélil. La majorité de ces groupes auront complètement disparu avant la fin des années 60.
 
Alors que les vedettes sont à la télé, les chansonniers continuent, de leur côté, à apparaitre sur des scènes comme la Butte à Mathieu, à Val-David, avec Félix Leclerc comme porte-étendard. La période accueille à bras ouverts de nouveaux artistes comme Jean-Pierre Ferland et Renée Claude, influencés par la chanson française. D’autres s’inspirent beaucoup de la musique anglophone comme Claude Dubois, Jacques Michel et Robert Charlebois.
 
Renée Claude a débuté sa carrière à la fin des années 50, mais c’est réellement dans les années 60 qu’on la découvre à la télé. Son interprétation des chansons écrites par Stéphane Venne connaitront un énorme succès avec des titres comme Le début d’un temps nouveau et Le tour de la terre. Tout en étant à la fois mystérieuse et transparente sur scène, elle incarne le féminisme et la révolution culturelle libertaire des années 60.
 
 
Robert Charlebois change le paysage de la chanson québécoise avec le spectacle L’Osstidcho accompagné de Mouffe, Louise Forestier et Yvon Deschamps. Avec Charlebois, c’est le début d’un mouvement d’artistes où le chansonnier emploie le joual pour flirter avec le rock. Aujourd’hui, Robert Charlebois est encore bien présent sur la scène artistique canadienne et on le voit souvent à la télévision française. Ses chansons Ordinaire, Je reviendrai à Montréal, The Frog Song, Lindberg comme des centaines d’autres ont toutes très bien vieillies. Bête de scène avec une fougue incomparable, Charlebois est vraiment celui qui aura donné l’élan au rock québécois.
 
 
Les années 70 : la francophonie canadienne
 
Avec Robert Charlebois commence donc l’expérimentation musicale. Des œuvres extrêmement importantes seront créées dans les années 70 qui sont le fruit de ce désir d’explorer et de se réinventer. On peut nommer des albums comme S.O.S. de Jacques Michel, L’Heptade du groupe Harmonium et quelques albums de Jean-Pierre Ferland et de Claude Dubois.
 
Jean-Pierre Ferland a débuté sa carrière à la fin des années 50. Il a enregistré certains de ses plus grands succès dans la décennie suivante. Mais c’est en 1970 qu’il produit deux œuvres incomparables, les albums Jaune et Soleil. Dans ces deux albums se mêlent le style du chansonnier et les expérimentations musicales du rock progressif britannique de cette période. Que ce soit en raison de l’orchestration ou des textes, on peut parler de deux œuvres d’une envergure incomparable.
 
 
Claude Dubois, qui avait débuté comme chansonnier dans les années 60, revient avec une image un peu plus « mauvais garçon » avec ses cheveux longs et sa guitare électrique. Ses albums des années 70 contiennent certains des plus grands classiques de la chanson québécoise avec des titres comme En voyage, L’infidèle, Artiste et Femmes de rêve.
 
 
Alors que les années 60 ont connu une courte période de groupes rock n’ roll, la nouvelle décennie nous fait découvrir des groupes beaucoup plus variés comme les duos folk Les Séguin et puis Jim et Bertrand. Le rock a ses têtes d’affiche avec Aut’chose, Corbeau et Offenbach. Le Québec est reconnu à travers le monde comme étant un terrain idéal pour présenter des groupes de rock progressif britannique. Dans cette foulée, des groupes québécois font leur apparition comme Octobre, Maneige, Morse Code et Harmonium.
 
C’est pendant les années 70 que des artistes d’ailleurs dans la francophonie canadienne commencent à être reconnus. Ce n’est plus seulement des artistes québécois qui sont créateurs. Le groupe Lougarou, qui changea son nom pour Garolou, lance un premier disque en 1976. Le groupe franco-ontarien mélange des textes folkloriques à de la musique rock progressive. Si vous aimez Supertramp et Genesis, je vous recommande fortement Garolou!
 
 
Après ses débuts dans les années 60, Édith Butler connaît aussi un succès considérable dans la décennie suivante. L’artiste du Nouveau-Brunswick fait découvrir au Québec et au reste du Canada-français la culture acadienne. Elle et Angèle Arsenault paveront la route pour le passage d’autres artistes acadiens.
 
 
Un autre francophone commence à se faire connaître au Canada à  la même période. Zachary Richard, de la Louisiane, aux États-Unis, nous fait découvrir une francophonie plus large. En 1978, il chante sa chanson L’arbre est dans ses feuilles qui lui vaut beaucoup de succès. Aujourd’hui, Zachary Richard est toujours autant respecté comme artiste et pour tout ce qu’il dit.
 
Les années 70, c’est aussi les années disco. Le Québec n’y échappe pas avec ses artistes tels que Nanette, Martin Stevens, France Joli, Toulouse et Boule Noire. Georges Thurston, connu sous le pseudonyme de Boule Noire, est le meilleur représentant de ce style avec des titres comme Aimer d’amour et Aimes-tu la vie. Georges Thurston est décédé en 2007 à la suite d’un cancer.
 
 
Roch Archambault est un canadien français qui s'intéresse à l'Asie depuis 30 ans. Durant les vingt dernières années, il a développé une passion particulière pour la musique populaire chinoise, ainsi que pour des courants musicaux comme la K-pop et la J-pop.

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