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Musique & Divertissement  La chanson populaire canadienne-française (1ère partie)
08/07/201716:30 Roch Archambault
Au cours des prochaines semaines, je tenterai de vous faire un portrait de la chanson canadienne-française. Le but est de faire découvrir aux gens d’ailleurs la richesse musicale du Québec et des communautés de langue française en situation minoritaire au Canada. Il serait difficile de passer en revue tous les artistes qui se sont produits depuis le début du 20e siècle. Je propose donc un florilège d’artistes choisis en fonction de mes goûts personnels, mais aussi de leur valeur historique. Pour cette publication, je m’attarderai aux artistes des années 1920 aux années 1950. Dans les prochains textes, je continuerai cette grande histoire des années 1950 jusqu’à aujourd’hui.
 
Pour découvrir les racines de la chanson populaire canadienne-française, il faut remonter à la période de la Nouvelle-France, qui s’étend du 16e au 19e siècle. À l’époque, les colons français  transportaient avec eux le patrimoine musical qu’ils avaient acquis de l’autre côté de l’Atlantique. Après quelques générations, les Canadiens-français ont commencé eux-mêmes à en écrire. Il faudra tout de même attendre aux années 1920 pour qu’on puisse vraiment parler d’un début de la chanson populaire, en tant qu’industrie, avec de plus en plus d’enregistrements sur disques 78 tours.
 
Les années 20 et 30 : début d’une industrie
 
Tout débute en 1921, quand le folkloriste Conrad Gauthier commence à animer ses Veillées du bon vieux temps au Monument-National à Montréal. Sur cette scène, des musiciens ont commencé à se faire connaître, tels que Eugène Daignault, Donat Lafleur, Ovila Légaré, Alfred Montmarquette, Aldor Morin et Isidore Soucy.
 
À la fin des années 20, on a pu entendre la première auteure-compositrice-interprète folkloriste du Québec, Mary « La Bolduc » Travers. Après avoir donné naissance à 13 enfants, La Bolduc est devenue, à l’âge de 35 ans, l’idole de la francophonie canadienne. Alors que ses contemporains chantaient dans le style de la chansonnette française, La Bolduc est apparue avec une touche totalement originale. Chantant avec satire et émotion la dure réalité de l’époque, durant la Grande Dépression, elle s’est fait connaître beaucoup par son rythme particulier, la turlute, qu’on peut entendre dans des chansons comme Ça va venir découragez-vous pas. Née à Newport, en Gaspésie, en 1894, La Bolduc est décédée du cancer à Montréal en 1941, à l’âge de 46 ans, après une courte carrière d’une dizaine d’années.
 
Dans les années 30, on découvre une autre grande dame, celle qu’on pourrait désigner de première star internationale canadienne-française. Née à Québec en 1923, Alys Robi a commencé sa carrière à un très jeune âge. Son premier disque en 1942, Tico Tico, a eu un énorme succès. En plus d’être sur scène au Québec, elle a donné des concerts en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis, chantant en trois langues, le français, l’anglais et l’espagnol. Malheureusement, un peu comme La Bolduc, Alys Robi aura connu une carrière fulgurante mais de courte durée. En 1948, elle se retrouve pendant quelques années dans un hôpital psychiatrique où on la traite pour des «troubles mentaux». Par la suite, Alys Robi ne renouera jamais vraiment avec son public. Elle est décédée en 2011.
 
 

D’autres noms importants dans les années 1920 et 1930 : les artistes Paul-Émile Corbeil, Lionel Daunais, Alexandre Desmarteaux, Conrad Gauthier, Jean Grimaldi, Ludovic Huot, Jacques Labrecque, Charles Marchand, Lionel Parent, ainsi que les groupes Le Quatuor Alouette et Le Trio lyrique.
 
Les années 1940 : musique western
 
Dans les années 40, des artistes ont continué à chanter la réalité du quotidien comme l’avait fait auparavant La Bolduc. Roland Lebrun, connu sous le nom du Soldat Lebrun, est un des plus beaux exemples. Il parle des soldats qui sont partis à la guerre à l’étranger. Son plus grand succès a été L’adieu du soldat. Le Soldat Lebrun a été le précurseur de la musique western au Québec. À la même période, d’autres chanteurs western et country ont aussi débuté leur carrière tels que Paul Brunelle, Bobby Hachey, Marcel Martel et Willie Lamothe.
 
Willie Lamothe a été celui qui a vraiment popularisé la musique western dans toute la francophonie canadienne. Il aura donné un souffle à ce nouveau type de musique influençant les musiciens du genre jusqu’à aujourd’hui. Willie Lamothe a eu une grande carrière, se produisant sur scène jusque dans les années 80. 

 

 
Les années 50 : chansonniers du Québec
 
Les années 50 ont donné naissance à de nouveaux artistes qui auront des carrières pas seulement au Canada, mais aussi en France. Le plus connu d’entre eux a été Félix Leclerc. Ce dernier commencera à se faire connaître en France en 1950, pour ensuite revenir et se faire connaître dans la francophonie canadienne. Souhaitant la souveraineté du Québec, il aura marqué à sa façon la musique « engagée ». Il aura influencé des artistes de cette période jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs chansons de son premier album intitulé Félix Leclerc chante ses derniers succès sont devenues des « classiques » telles que Le train du nord, Bozo, Le p’tit bonheur et Moi, mes souliers. Les prix du gala de la chanson québécoise, organisé par l’Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), se nomme les prix Félix.

 
 

En 1955, un nouveau venu commence à se produire sur scène : Claude Léveillée. Durant sa carrière, qui s’est échelonnée sur plusieurs décennies, il aura été connu comme interprète mais aussi beaucoup comme compositeur. Il a composé des chansons pour Édith Piaf, Gilles Vigneault et pour plusieurs comédies musicales. Sur son album éponyme de 1962, il nous a offert des chansons qui ne semblent pas vieillir, telles que Les vieux pianos, La légende du cheval blanc, et Le nom. Claude Léveillée est décédé en 2011.
 

Vers la fin des années 50, un autre personnage fera son apparition sur la scène musicale : Gilles Vigneault. Son premier album sortira la même année que celui de Léveillée. Lui aussi nous a offert dès le départ des chansons immortelles, telles que Jack Monoloy, Jos Montferrand et La danse à Saint-Dilon. Il est connu pour ses chansons contenant de petites histoires pleines de philosophie. Celui-ci connaît toujours une grande carrière au Québec. Son dernier album remonte seulement à 2014. Sa plus grande chanson demeure Gens du pays, considérée en quelque sorte comme un hymne national au Québec. Il serait difficile d’en choisir une en particulier, mais quant à moi, j’ai toujours beaucoup aimé J’ai planté un chêne.
 
 

Les années 50, c’est aussi la découverte d’une femme qui changera la chanson au Québec. Pauline Julien a eu une carrière exceptionnelle en jouant au théâtre, au cinéma et en interprétant des chansons de plusieurs compositeurs. Sa sincérité sur scène est intense et attachante. Son album Suite québécoise lancé en 1968 est encore aujourd’hui un des meilleurs albums québécois où elle interprète des chansons de Raymond Lévesque, Georges Dor, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland et Clémence DesRochers. 
 
 
Roch Archambault est un canadien français qui s'intéresse à l'Asie depuis 30 ans. Durant les vingt dernières années, il a développé une passion particulière pour la musique populaire chinoise, ainsi que pour des courants musicaux comme la K-pop et la J-pop.

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