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J’ai compris
Film  Louise Bourgoin "Je me vois mieux dans le registre mélancolique"
11/06/201400:00 Le Petit Journal Hong Kong

Tirez la langue, mademoiselle. Non, ce n’est pas ce que nous avons demandé durant l’entretien, mais bien le titre de cette comédie dramatique signée Axelle Ropert. A l’occasion de la sortie anglaise du film, nous avons eu le plaisir de rencontrer Louise Bourgoin, tête d’affiche féminine du long métrage. Elle revient avec nous sur cette aventure, ainsi que sur son parcours.

(source photo : image officielle du film Tirez la langue, mademoiselle

En Angleterre, il sera connu sous le nom de Miss and the doctors. Le titre français, lui, a de quoi attirer l’attention, mais il prend rapidement tout son sens. Tirez la langue mademoiselle, c’est l’histoire de Boris et Dimitri, deux frères qui exercent ensemble la profession de médecin de quartier – étant donné l’importance que prend le contexte géographique, la précision est essentielle. En soignant la petite Alice, diabétique, ils font la rencontre de sa mère, la superbe Judith. Comment ne pas succomber ? C’est cette phrase, prononcée par Dimitri, qui illustre le mieux la situation : "je ne sais pas pourquoi nous sommes tombés amoureux de la même femme".

Judith, c’est elle, Louise Bourgoin. Aussi charmante que son personnage, et toute aussi naturelle. Pourtant, le rôle de Judith est pour le moins contrasté : voici une mère qui élève son enfant seule, et qui pour cela travaille le soir dans un bar, tout en gérant la maladie de sa fille unique. "C’est la première fois que j’incarnais un personnage passif, puisque l’énergie motrice se situe plutôt autour des deux frères. Je surgis avec ce manteau rouge, toujours la nuit. Ce sont ces petits détails qui me font penser que je suis une apparition". En effet, Judith se laisse porter par ces deux frères si différents. Une situation qui amène son interprète à s’appuyer sur ses deux partenaires. "Laurent Stoker (ndlr : Dimitri) propose des variations à chaque prise, qui sont très subtiles, et changent tout sans aucun effort. Cédric Kahn (ndlr : Boris), lui, me regardait avec des yeux de metteur en scène. C'était différent".

"Je cherche des metteurs en scène qui ont un vrai regard"
Justement, en parlant de metteur en scène. "On m’avait dit de m’intéresser au premier film d’Axelle Ropert. Je l’ai beaucoup aimé, puis je l’ai rencontré, et j’ai fait un casting pour Tirez la langue, mademoiselle. J’ai beaucoup apprécié sa manière de me diriger au casting, son calme et sa simplicité", nous explique t-elle quand on lui demande ce qui l’a attirée dans ce projet. Axelle Ropert signe donc ici son second long métrage, après La famille Wolberg. "Je cherche des metteurs en scène qui ont un vrai regard, une emprunte forte. Je trouve que c’est son cas". Elle a, en tout cas, réussi à présenter une histoire d’amour complexe, certes, mais bien loin de certaines représentations qu’on peut parfois croiser. "Ce n’est pas une histoire d’amour immature où l’on est un peu aveuglé par l’autre : ce sont des gens qui s’acceptent". Et ce malgré les blessures de chacun, qu’Axelle Ropert, à travers ses acteurs, utilise pour traiter d’autres thèmes, comme le rapport à la maladie. "Judith a déjà été bien déçue par les hommes, on sent qu’elle a un peu démissionné. Les deux frères, eux, ne cherchent pas des choses inatteignables. Il n’y a pas d’aveuglement. Ce sont des personnages qu’on trouve poétiques, presque philosophes, alors qu’ils ont des faiblesses. Tout le monde a des béquilles, mais tente d’avancer". Sous nos yeux, donc.

 

(source photo : équipe de Tirez la langue, mademoiselle. De gauche à droite : Cédric Kahn, Axelle Ropert, Louise Bourgoin, Laurent Stoker)

"J'ai du mal à trouver des comédies qui me font rire, ou dans lesquelles je m'imagine"
Nous cherchons alors à trouver les points communs entre Judith et son interprète. "Je me trouve des points communs avec tous les personnages que j’ai incarné", nous avoue cette dernière. "Je les rapproche toujours de moi pour essayer de trouver une note juste. Personne n’a qu’une seule facette, et nous changeons avec les années : j’ai l’impression que je suis tous les personnages que j’ai incarné à la fois". C’est dire, étant donné la palette de personnages jouée par Louise Bourgoin, dans des registres souvent très différents. Cette fois, c’est la comédie dramatique qui est à l’honneur. "J’ai du mal à trouver des comédies qui me font rire, ou dans lesquelles je m’imagine. Je me vois mieux dans le registre mélancolique", confie t-elle. C’est pourtant ce domaine qui l’a fait connaître au grand public, en tant que Miss Météo du Grand Journal de Canal+, entre 2006 et 2008. Surprenant, répliquons nous. "Complètement, c’est vrai", répond t-elle avec un sourire. Par contre, un retour à la télévision n’est pas au programme. "Je me sens vraiment bien dans ce nouveau métier", explique t-elle. Et pour la suite, son agenda est déjà bien chargé. Elle vient d’ailleurs de finir le tournage de Les chevaliers blancs, que l’on devrait retrouver rapidement au cinéma.

"Les Anglais trouvent l'accent français très mignon" 
C’est en français qu’on la retrouve cette fois, mais Louise Bourgoin a aussi eu l’occasion de tourner dans la langue de Shakespeare.Love Punch, où elle joue aux côtés de Pierce Brosnan et Emma Thompson, est sorti en Angleterre à la fin de l’année dernière. "J’étais moins à l’aise dans cette langue. Les Anglais trouvent l’accent français très mignon, donc ça excuse beaucoup de chose, mais ça reste compliqué de paraître naturel". Ce qui ne l’a pas empêché de réitérer l’aventure, aux Etats-Unis cette fois.  

"Je ne fais pas de pronostics"
Tirez la langue, mademoiselle sort donc en Angleterre, alors que la sortie française s’est faite au cours de l’année 2013. Il est souvent difficile de savoir comment sera reçu un film dans un pays différent : la culture, la langue, l’image d’un pays que le film renvoie jouent-ils sur le succès d’un long métrage au delà de ses frontières ? "Je ne sais pas du tout comment le film va être perçu. Je ne fais pas de pronostics, j’ai toujours été surprise dans ce domaine. Adèle Blanc-Sec par exemple, a été un énorme succès en Chine. Ces résultats là sont très surprenants".

 

(source photo : affiche du film)

"C'est marrant comme quand on est dépassé, on revient à sa langue natale"
Nous parlons ensuite de l’expatriation. "J’ai vécu quelques temps à Berlin. C’est incroyable comme le fait de ne pas parler ma langue me manquait. J’avais besoin de parler français. Dès que je rencontrais un français dans un bar, je restais des heures à parler avec lui de tout et de rien juste pour parler français", explique t-elle en riant. Alors que nous nous interrogeons sur le sujet, elle en profite pour raconter une anecdote d’expatriée : "Quand je me disputais avec mon petit ami allemand, je n’arrivais plus à gueuler en anglais-allemand, j’avais besoin de parler en français. C’est marrant comme quand on est dépassé, on revient à sa langue natale". Alors, revivre à l’étranger maintenant ? "J’ai l’impression de vivre à l’étranger la moitié du temps, puisque je pars en permanence. J’aime beaucoup voyager, mais Paris me manque. A tel point que lorsqu’on me demande où je veux passer mes vacances, je réponds que je souhaite rester à Paris, et profiter de la ville". L’interview arrive à sa fin sur ces mots : "Je me sens tellement amoureuse de Paris que je ne me vois pas habiter ailleurs".

Nous ne pouvions néanmoins pas partir sans poser la fameuse question, sur laquelle repose l’ensemble de Tirez la langue, mademoiselle : plutôt Dimitri, ou Boris ? "Dimitri. Sa sensibilité me touche beaucoup". Ca, c’est le choix de Louise. Pour connaître celui de Judith, il faudra vous rendre dans votre salle de cinéma.

Créé le 19 mai 2009, le Lepetitjournal.com Hong Kong est le quotidien en ligne des communautés française et francophone de Hong Kong, Shenzhen et Macao. Pour tout savoir sur l'actualité de ces trois villes, abonnez vous au LPJ HK!

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