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Film  ​Critique Cinéma : « Cherchez la femme »
19/06/201910:15 Baz'art

« Cherchez la femme »  est une comédie française sortie en salles en juin 2017, un peu dans l’indifférence générale, alors que cette comédie sortait pourtant des sentiers battus et méritait bien plus.

Ce film opte en effet pour l'ambitieux challenge de faire rire (ou sourire pour les plus grincheux) sur des sujets aussi sérieux que le port du voile ou la radicalisation des jeunes de banlieue.

 

Mélangeant un peu les références cinématographiques : une pincée de "Tootsie" ou "Madame Doubfire" – pour le côté comédie sur le travestissement -  un zeste de Cyrano de Bergerac (pour un amour impossible qui se transpose à travers autrui) et une louchée de films français plus graves au sujet proche, comme « Le ciel attendra » ou « Made in France », « Cherchez la femme ». Même s'il n'est pas réussi à 100% et n'évite pas quelques maladresses inhérentes au premier long métrage, il remplit largement son pari : faire rire de façon pas bête ! 

La réalisatrice Sou Abadi, après un documentaire sur l’Iran  « SOS à Téhéran » (il y a presque quinze années déjà) et quelques projets avortés, tente le pari de tisser une comédie avec des personnages pas forcément drôle de prime abord, comme ce frère revenu du Yémen qui tente d'imposer à sa fratrie, des règles de vie très strictes, dictées par la radicalisation.

 

Mené tambour battant, « Cherchez la femme » s'impose, après une vingtaine de minutes un peu déroutante qui nécessite qu'on accepte le postulat de départ.

Loin des comédies françaises, qui usent jusqu'à la corde un sujet et un même genre comique, le film alterne différents registres de comédie avec un certain brio.

« Cherchez la femme » est traversé de quelques séquences burlesque, (à travers notamment la difficulté de courir avec un voile ou de boire du thé sans paille à travers le voile intégral qui donnent lieu à des scènes de comique gestuel assez efficaces),  mais aussi de comique de situation à base de quiproquos, sans oublier la comédie plus sociale avec ces jeunes de banlieue pas vraiment décérébrés mais un peu à côté de leurs pompes.

 

Le film flirte également avec la satire religieuse - avec ces dialogues affutés qui lancent quelques pistes plutôt malignes sur la foi, - et également la chronique politique, à travers les parents d'Armand, couple d'immigrés iraniens qui ont dû quitter l'Iran de Khomeiny à l'aube des années 80 et qui désormais prône le vivre ensemble et les solidarités entre cultures.

Avec ces tonalités différentes, « Cherchez la femme »  réussit à rendre crédible la situation ubuesque de départ et parvient surtout à éviter les leçons de morale, sauf peut-être dans une scène de bus pas très réussie (car trop didactique) les clichés en nous montrant la diversité qui anime les habitants des cités.

 

Dans le rôle de Leila, la chanteuse Camélia Jordana, à la fois déterminée et vulnérable, n'aura certainement jamais été aussi convaincante (sauf peut-être dans  « le Brio » quelques mois après). Pour lui donner la réplique le décidemment excellent, Felix Moati, confirme toutes les promesses qu'il a inspiré dès son premier film dans « Télé Gaucho de Michel Leclerc » (en fils de réfugiés politiques iraniens et amoureux des belles lettres).

Le comédien (fort sympathique au demeurant) que l’on a eu la chance de rencontrer récemment lors de la présentation de son premier film en tant que réalisateur, crève l'écran et est aussi crédible en Armand qu'en Shéhérazade.

 

Saluons aussi la prestation de William Lebghil (vu dans « Soda», la série avec Kev Adams sic) qui parvient à être touchant dans un rôle pourtant bien peu sympathique et plutôt effrayant de prime abord.
 
On encouragera donc le beau numéro d’équilibriste d’une belle ambition que réussit la cinéaste Sou Abadi avec cette comédie prônant l’ouverture et la fraternité. Elle se situe environ cent coudées au-dessus d’autres comédies françaises qui valorise le vivre ensemble.
 
Si les spectateurs de TV5MONDE pouvaient réserver un bel accueil à cette comédie gonflée et intelligente, on ne serait pas vraiment fâchés sur Baz'art...

 


Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Asie à partir du jeudi 20 juin 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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