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J’ai compris
Culture  Fugace de Noël
3h du matin un samedi place de la République,
 
J’ai des talons de douze cm, qui en paraissent cent car j’ai passé une bonne soirée, de celles ou l’on se sent vivant et bien entourée, légèrement enivrée, et le bruit de mes pas accompagnent les textos que je reçois qui disent qu’il voudrait bien me faire rire et aussi, et aussi, et aussi.
 
Soudain on m’accoste, un homme, la soixantaine, bien mis, une parka et un béret en tweed.
 
Immédiatement je sors mon regard n°3, celui qui dit que ma doudoune Sandro en poils de phoques du Liechtenstein et moi-même, on ne cédera rien, ni une pièce, ni un sourire. Mais comme il insiste, j’enlève tout de même mes écouteurs et Sexy Sushi hurle que j’aime mon pays.
 
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Et puis j’entends : « S’il vous plait, je viens de perdre ma mère - Centrafrique ? - elle elle m’aimait, s’il vous plait, dites moi quelque chose « .
 
Et il répète : « Dites moi quelque chose ».
 
 
La puissance des mots putain, c’est vraiment mon point faible.
 
(A ce moment j’entends aussi les boutons de ma doudoune rouler par terre s’enfuir vers des missions plus confortables)
 
Alors, je ne sais pas ce qu’il se passe, je le sens sincère, je ne réfléchis pas, il est là à portée de bras, à la bonne taille, ça me semble le plus simple, un geste humain, évident, merde je ne vais quand même pas me justifier, c’est ce qu’il espérait aussi je pense, alors je l’entoure et je le serre dans mes bras. Une accolade, un hug quoi.
 
(Silence gêné) (y’a huit couches de vêtements entre nous hein)
 
Ça dure un quart de seconde, durant lequel j’ai tout de même le temps de penser, elle s’impose à moi, combien en cette année particulière, j’ai eu la chance d’être entourée, consolée, protégée et aimée. Petite chaîne humaine en fait, je reçois je donne.
 
Et bien les mecs, cet homme m’a jeté un regard, je ne l’oublierai pas. Je crois avoir entendu  » merci, merci » mais son regard lui, c’était ma mère et ma mamie en même temps, mieux qu’une soupe quand il fait froid, un fondant au chocolat, l’humanité incarnée.
 
Il m’a émue ce con.
 
Puis il m’a serrée chaudement les deux mains et est parti, les passants un peu intrigués par cet assemblage bizarre – elle a besoin d’aide ? se sont à leur tour éloignés.
 
Voilà, je n’ai rien à ajouter, difficile de terminer. Peut-être garder en tête l’idée qu’on peut nous aussi, parfois, et plus facilement qu’on ne le croit,  lancer un regard. 
 
En vous souhaitant d’heureuses fêtes mes boules de Noël, bisous chaleureux et doucement sur le chapon.
 
Imaginez un merveilleux monde, où tout ne serait que luxe, volupté et crème de marrons. On s’y conterait fleurette en attendant de croiser Benjamin Biolay. Délicieuses et absurdes, les histoires de Conte Moi Fleurette sont un joli moment d’évasion !

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