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Gastronomie  Sommet de bonheur à la sauce saké
06/11/201310:36 Conte Moi Fleurette
Hello les chéris,

C’est une histoire formidable que je voudrais vous conter aujourd’hui. Une histoire d’amour et de fromage, qui va te faire voyager dans tes pantoufles. Cela sera peut-être un peu long, mais cela vaut le coup, crois-moi.

Pour que tu comprennes l’ahurissement, laisse moi te chanter quelques aspects de contexte  :

J’ai grandi dans un quartier résidentiel entre le 12ème et le 13ème arrondissement, peu joli et banal, comme il en existe tant à Paris, surtout Rive Gauche. En quelques mots : pas d’immeubles haussmanniens, des gens normaux, un tabac, une Poste, le Stade Charlety, quelques bureaux, un loueur de vidéocassette , un traiteur chinois.

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Niveau restauration, pas trop la folie : très peu de restaurants, un Viet toujours vide, pas de Macdo (il faut aller Place d’Italie ), un Franprix.

A ce niveau là du récit, il me semble nécessaire d’ajouter quelques mots sur ma mère. Elle a grandi dans un bled de Haute Savoie qui suinte le fait divers et l’ennui, dont elle s’est exfiltrée vers 20 ans pour ne plus jamais y foutre les pieds qu’une fois tous les dix ans, l’occasion d’une bonne engueulade avec ses frères et soeurs. Pour eux elle est « La Parisienne ». Et en effet, elle se caractérise entres autres qualités par un oeil fin et acéré pour les bonnes choses. Je dirais qu’elle est snob dans le bon sens du terme. Son hobby c’est les week ends dans le Morvan à visiter des églises du 13ème siècle qu’un vieux paroissien ouvre pour elle, la dernière fois c’était pour un touriste anglais en 1996.

 
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Bref, il y a quelques mois, elle me dit : « Chaton, il faut que je t’emmène diner dans un endroit INCROYABLE ».

Bon, ok, a priori ça me parle, je mets ma fourrure et me dirige d’un pas allègre vers notre station de bus, la babine alléchée à l’idée de ce bon moment à passer, et pensant atterrir au plus près vers le Panthéon. On descend la rue quand soudain, elle entre chez le traiteur chinois.

?

Oui, celui-là même évoqué plus haut, sur lequel ton oeil ne s’est pas arrêté, et tu as raison, tant il est tristement quelconque, avec ses guirlandes dorées et ses nems qui dorment dans leur sauce en vitrine, surtout dans le 13ème arrondissement de Paris.

Toi là qui me lis, lis moi bien. Il s’est passé quelque chose chez ce traiteur chinois, quelque chose d’incroyable. Si je t’écris, c’est pour que tu alertes tes proches les plus proches et que ton cerveau se mette en branle. Ce traiteur chinois des plus quelconques s’est changé en une perle hipster comme seule le 13ème arrondissement de Paris hashtag sisilafamilleforevercoeur sait en produire (la Nüba, les Frigos,…). Et là on tient une maxi perle.

MAIS ALORS, que s’est-il passé ?

Et bien figure-toi, que Gilly, ce vieux Gilly, qui était en 3ème quand j’étais en 4ème dans notre collège de quartier, et qui trainait son sac à dos jusqu’à chez ses parents (chinois, traiteurs dans le 13ème donc), au lieu de faire un BEP cartonnerie comme 60% des garçons de mon collège, un peu par hasard, il a fait un BEP Restauration.

Jusque là rien de fou.

Oui, mais Gilly il est doué. Pas un peu, beaucoup. Il fait plusieurs stages, un, puis deux, puis trois. Chez Gagnaire notamment. Si si. (Pour les incultes, il y a Ducasse et Robuchon, et juste un peu au-dessus, Pierre Gagnaire).

Et puis un jour, à 24 ans, (donc presque dix ans de métier dans la restauration), il se dit qu’il aimerait bien se mettre à son compte.

Oui mais bon, il ne connait personne et il vient d’une famille modeste.

Quoique, ses parents ont bien un commerce de restauration dans le treizième… qui fera l’affaire. Le fils prodige n’a pas vraiment le choix, il pose ses fourneaux dans la cuisine de ses parents.

Et là …. ETINCELLES MAGIE PAILLETTES

Un repas gastronomique, d’une qualité à se rouler par terre, cuisine fusion franco-asiatique tendance martienne, pour la modique somme de 22,80€. Mais quand je dis gastronomique, c’est que dans un autre lieu, plus central, je le paye 90 € sans sourciller.

 

Ce jour là,

Crevettes revenues avec du chou, de la longuane (qu’est-ce ? Je l’ignore mais c’est goûtu), des grenades, du concombre et à la crème de langouste – il est particulièrement doué pour les entrées.

Magret de canard à se rouler par terre, sauce au saké, accompagnement minutieux, comment est-ce si fondant ?

Sablé vanille figues avec sa petite glace qui croque et qui fond en même temps que limite elle te remplit aussi ta déclaration d’impôt tellement elle est douce.

 
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Ecoute c’est simple, tout est bon. A chaque fois je me laisse surprendre. J’ai encore en mémoire une soupe de potimarron où Gilly s’était amusé à mettre quelques grains de pop corns revenus dans de la menthe et du bacon… #larmesauxyeux

Bref, il faut essayer, en parler, absolument. C’est une merveille. Le décor est monstrueux, le service horrible (la vieille tante chinoise). Absolument rien n’est hipster ou stylé et il faut aller au fin fond du 13ème.
Restaurant Jin Xin Lou

Mais à ce jour, un seul blog américain en a parlé, et l’auteur de conclure : « inouï ».

Cours-y.

Jin Xin Lou

65 rue de l’Amiral Mouchez

Paris 13ème
Imaginez un merveilleux monde, où tout ne serait que luxe, volupté et crème de marrons. On s’y conterait fleurette en attendant de croiser Benjamin Biolay. Délicieuses et absurdes, les histoires de Conte Moi Fleurette sont un joli moment d’évasion !

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