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Film  Critique Cinéma : « Frantz »
17/07/201917:04 Baz'art
Cet article a été écrit par Philippe Hugot, créateur du blog Baz'art


Je le disais dès 2012 dans la chronique du génial « Dans La maison » que j'avais d'ailleurs classé tout premier de mon top de cette année-là. François Ozon fait partie de ces rares cinéastes dont tous les films ne sont pas aussi réussis, mais qui a le mérite de tenter toujours, au risque d'échouer parfois. Il figure parmi les rares cinéastes contemporains capable de tant d'imagination et d'inventivité avec un talent incroyable, mélangeant avec une extrême habileté réalité et fiction pour nous offrir des points de réflexion fascinante avec un cinéma souvent ambitieux et audacieux.

Après
« Une nouvelle amie » (2014) qui m'avait bien déçu et ce malgré Anais D, « Frantz » sorti le 7 septembre 2016 nous permet de retrouver ce très grand cinéaste qu'il est la plupart du temps.

François Ozon, prouve avec ce très beau film, qu'il est un cinéaste éclectique, capable de réaliser des œuvres majeures. comme « Sous le sable », « Swimming Pool », « Jeune & Jolie », « Le temps qui reste » ou bien sûr le fameux « Dans la maison ».

 

Comme dans pas mal de ses œuvres, et comme Almodovar parvient aussi à le réaliser sans doute avec le même éclat, le cinéma d'Ozon aime avant tout sublimer la femme.

L’exaltation de ses personnages féminins est un des piliers permanents et ici encore plus que d'habitude, il est - contrairement à ce que le titre ou la promo autour de Pierre Niney pourrait le faire penser -  au centre de ce « Frantz » de si belle facture.

On y suit le parcours d'une jeune femme taciturne et terne qui va évoluer progressivement pour devenir une jeune femme émancipée et folle amoureuse.

Dans ce rôle la révélation Paula Beer, très juste, imprime totalement la pellicule pour incarner la fragilité, la force et la résilience humaine.


Son jeu touche totalement le spectateur par sa pureté et sa subtilité, qui colle parfaitement à ce que le personnage doit exprimer. À ses côtés Pierre Niney, un peu trop lisse, tient mal la comparaison. Son si charmant accent allemand lorsqu'elle s'exprime en français nous fait forcément penser à une jeune Romy Schneider, mais attendons de voir si ces belles promesses seront remplies...

Outre cette sublimation de la femme, « Frantz » aborde un autre propos cher au cinéma d'Ozon; la thématique des mensonges et des tromperies, conscientes ou inconscientes, infligées à l’autre ou à soi-même et plus particulièrement le trouble entourant les inclinations sexuelles des unes et des autres.

 

Un des grands atouts du scénario d'Ozon, est qu’'avec ces deux parties en miroir, la première en Allemagne et la deuxième en France, il dépeint très bien les relations franco-allemandes de l’entre-deux-guerres et permet de mesurer, par comparaison, celles d’aujourd’hui et combien cela a pu évoluer en un siècle.

Si le scénario frustre sans doute dans sa seconde partie parisienne légèrement moins brillante que sa géniale première partie allemande, on reste épaté par ce scénario aussi habile que vraisemblable, capable de nous mener sans problème vers de fausses pistes afin de mieux nous asséner des scènes merveilleuses et étonnantes.


Visuellement « Frantz » filmé dans un noir et blanc pointu et lumineux mais mélancolique à la fois. Un noir et blanc parfait pour trouver l'ambiance de l'Allemagne d'après la première guerre, parfait pour lui conférer un aspect conte-fantastique.

Au final, ce choix du noir et blanc visiblement dicté à l'origine par des impératifs financier, offre un pari esthétique totalement réussi qui parvient, tout en restant dans l'esthétisme et profitant d’une belle lumière, d'exprimer la violence destructrice de la guerre. Un résumé de ce qui sera sans doute un des plus beaux films de l'immense filmographie d'Ozon.

 
 

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Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Asie à partir du jeudi 18 juillet 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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