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Film  Critique cinéma : « L'Atelier »
15/05/201900:00 Baz'art

Près de dix ans après sa Palme d’Or à Cannes (pour « Entre les murs » en 2008), Laurent Cantet est revenu en 2017 sur les bancs de classe avec son film « L’Atelier ». Cette fois-ci en plein air, pour filmer une confrontation prof-élève sous le soleil de la Côte d’Azur, plus particulièrement à la Ciotat.

Cinéaste du groupe et des destins individuels, Laurent Cantet n'a jamais cessé d'étudier les relations complexes voire conflictuelles régissant le corps social.


Ici, autour d’une écrivaine connue et de jeunes de banlieue à la dérive qui cherchent à trouver une bouée, Cantet sonde avec énormément d'intelligence et de subtilité les mécanismes de groupe tout en ne négligeant aucunement les aspects psychologiques de chacun des personnages. Il dessine en creux de beaux portraits de groupes ou individuels toujours en phase avec leur époque ou l’actualité.

Travaillant une nouvelle fois avec son co-scénariste Robin Campillo (metteur en scène la même année de l’éblouissant « 120 battements par minute »), l'auteur de « Entre les murs » reprend un projet ébauché à la fin des années 90, dix ans après la fermeture des chantiers navals de la Ciotat.


Un film qui s’inscrit avec bonheur dans l’itinéraire d’un cinéaste à la filmographie passionnante, de « L'emploi du temps » au méconnu mais superbe « Retour à Ithaque ».

Dans « L'Atelier », il confronte ses personnages à un lieu chargé d’histoire dont la mémoire ne coïncide plus avec le présent. Mais il n’oublie pas d’insuffler à son film une couche de pure fiction qui vire au thriller venant enrichir une base plutôt documentaire. La Ciotat et ses chantiers navals défaits inscrivent ainsi le film dans une réalité presque oppressante, qui dresse le sombre portrait d’une jeunesse désabusée, en proie à l’ennui et aux tentations des extrêmes.


Vivantes et rythmées, les scènes de groupe alternent de très belle façon avec le rapprochement qui s’opère entre l'écrivaine et Antoine, jeune homme mystérieux, brillant et provocateur se plaçant en retrait du groupe tout en s'investissant dans le projet.

Sans cesser de les relier à celle-ci, la narration explore de belle façon le lien qui se crée entre ces deux personnages : face à Marina Fois, aussi brillante que dans « Irréprochable » Matthieu Lucci, comédien débutant, à l’instar de tous ses autres comparses inscrits à « L'Atelier » apporte à son personnage une profondeur supplémentaire : buté et séducteur, antipathique mais émouvant, il irradie un casting, par ailleurs très homogène.


Seule professionnelle du groupe, et particulièrement investie dans le projet, Marina Foïs navigue avec justesse entre assurance et perte de repères.

 « L'Atelier » devient du coup le théâtre d’une relation complexe entre la romancière et Antoine, et le travail sur le collectif s'efface donc au détriment de cette relation ambigüe et d’une grande force.

Le film est parfaitement et constamment mis en scène. On est épaté par la façon dont Cantet sait toujours poser sa caméra où il faut. Sans jugement ni pathos, mais avec un certain suspens et une belle émotion, « L'Atelier » touche profondément par sa profondeur et ses multiples lectures.

L’un des meilleurs de Laurent Cantet et assurément aussi l’un des meilleurs films français de l’année 2017.

 


Ce film sera diffusé sur TV5MONDE Asie à partir du jeudi 16 mai 2019.
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Blogueur depuis 8 ans mais fan de livres et - surtout - de cinéma depuis toujours... Mon rêve de gosse : journaliste culturel ? Résultat : si depuis quelques temps je caresse bien cette profession de journaliste, cela n'est hélas pas vraiment dans le domaine de la culture. Grâce à Baz'art, j’ai la chance - avec plusieurs chroniqueurs spécialisés dans différentes thématiques, de continuer plus que jamais de faire partager aux lecteurs nos points de vue forcément subjectifs mais toujours passionnés sur le cinéma, les bouquins, et la culture avec un grand C ( et un petit aussi parfois :o).

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