En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’installation et l’utilisation de cookies pour vous permettre de partager du contenu via les boutons de partage de réseaux sociaux, pour vous proposer des publicités ciblées à vos centres d’intérêts et pour nous permettre de mesurer l’audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Pour en savoir plus et paramétrer les cookies. X
Film  Critique cinéma : Peindre la barbarie avec Timbuktu de Abderrahmane Sissako
10/05/201600:00 Souraya
Timbuktu, le chagrin des oiseaux (2014) de Abderrahmane Sissako a été présenté en Compétition au festival de Cannes en 2014 et y a reçu la distinction du Prix du Jury. Le film a également été sélectionné dans la catégorie “Meilleur film en langue étrangère” aux Academy Awards en 2015. La Mauritanie y est représentée pour la première fois.  

Il sera diffusé à partir du 19 mai et les 22 et 23 mai sur TV5MONDE Asie dans le cadre de la programmation cinéma liée au Festival de Cannes : ici
 
Critique_Cinema_Timbuktu_FR.png

L'histoire.
Depuis quelques jours, ou quelques mois, le temps s’est arrêté dans la ville millénaire de Tombouctou. Cette dernière appartient désormais à un groupe de curieux individus armés, condamnant le mode de vie occidental et menaçant ainsi la vie de tout un chacun, au nom de Dieu et de son nouveau drapeau noir, tout en maugréant à la découverte des derniers scores du foot et en soufflant la fumée de leurs cigarettes importées sur l’écran du téléviseur.
 
Au nom de leur inébranlable foi, les extrémistes instaurent un nouveau régime de terreur, obligeant les femmes à raser les murs, dénonçant la musique qui ne se cacherait pas sous la nuit, inspirant les enfants à jouer avec l’ombre solitaire de leur ballon.
 
Non loin de la ville, Satima, Kidane et leurs deux enfants mènent une vie paisible dans le creux des dunes du désert. Le jour où Kidane tue involontairement son ami berger Amadou, il doit être jugé selon les lois instaurées par les nouveaux représentants du “régime de Dieu”. 
 
pic1-(1).jpg

pic2.jpg

pic3.jpg


Toute l’histoire. 
Avec Timbuktu, le chagrin des oiseaux, le réalisateur Abderrahmane Sissako s’autorise à donner une couleur, une texture et une humanité aux actes barbares perpétrés dans le Sahel par les extrémistes religieux.
 
L’or du sable, l’ocre des remparts de la ville aux 333 saints, le bleu marin du ciel… chaque teinte s’offre avec complaisance à la caméra. Ce décor onirique héberge une société régie par un groupe d'individus au comportement hypocrite et grotesque, dont la légitimité du pouvoir réside sur le port des armes confectionnées en Occident.
 
Pour se faire entendre dans ce désert envahi, le réalisateur semble condamner avec subtilité le régime des oppresseurs, en s'incarnant dans la voix et les gestes de chacun des personnages de son film. Prenons la figure sage de l'imam qui entreprend de dialoguer avec les soldats de dieu, visiteurs de la mosquée chaussés et armés, en leur demandant de se montrer respectueux et pieux dans la maison du seigneur. Les soldats, trop occupés à surveiller leurs lieux, l'entendent à peine.
 
En dirigeant sa caméra avec une telle sensibilité, Aberrahmane Sissako, rend un visage humain aux barbares du quotidien, tout en rendant hommage aux souffrances et à la lutte de leurs résistants. Il rappelle au spectateur sa ressemblance, autant avec l'imam qu'avec le djihadiste et le personnage de Kidane. Armé de sa caméra, il rejette le misérabilisme et appelle à la miséricorde. 
 
pic5.jpg

pic6.jpg
 


Le film sera diffusé à partir du 19 mai et les 22 et 23 mai sur TV5MONDE Asie dans le cadre de la programmation cinéma liée au Festival de Cannes : ici
Éprise d'histoires pleines de combats et de sourires, Souraya vous invite à découvrir, interroger et raconter le cinéma d'aujourd'hui et d'hier.

Vous aimerez peut-être

 

Vous aimerez peut-être

 

Vous aimerez peut-être